Exposition Habdaphaï
Habdaphaï
au dimanche 2 août 2026
La Bergerie de Soffin est partenaire de l’exposition d’Habdaphaï à la chapelle de Corbelin
« Au-delà du seuil, habiter l’instable »
Entrer dans l’univers de Habdaphai, c’est accepter de franchir un seuil.
Un seuil où les formes ne se stabilisent jamais totalement, où les matières portent la mémoire de gestes anciens, où le corps, visible ou suggéré, demeure le premier territoire de l’œuvre. Cette exposition monographique propose une traversée sensible d’un travail qui, depuis plusieurs décennies, interroge la condition humaine dans l’espace caribéen et au-delà.
Plasticien, performeur, passeur, Habdaphai développe une pratique transversale où le dessin, la peinture, la sculpture, l’installation et la performance ne se hiérarchisent pas, mais dialoguent. Chaque médium est un langage possible pour dire le monde, ses fractures, ses mutations, ses survivances. L’artiste ne cherche pas à illustrer l’histoire, encore moins à la figer. Il travaille après la blessure, dans un temps où l’irréversible est reconnu comme une donnée fondamentale de l’existence contemporaine.
Au cœur de cette œuvre se déploie la figure de l’homme trans-multimétissage : un être composite, issu de croisements multiples, porteur de mémoires hétérogènes, mais refusant toute assignation identitaire fixe. Cet homme n’est ni réconciliation naïve ni nostalgie des origines. Il est mouvement, adaptation, invention continue. À son image, les œuvres d’Habdaphai se construisent par assemblages, superpositions, coutures, tensions visibles, laissant apparaître les cicatrices comme des lignes de force.
La Caraïbe n’est pas ici un décor, mais une matrice conceptuelle et sensible. Les matériaux — bois, feuilles, tissus, objets trouvés, traces picturales — dialoguent avec le territoire, la mer, le vent, la mémoire des sols. Des figures végétales, comme le cocolobe, deviennent des guides symboliques : enracinées dans l’instable, capables de résister sans rigidité, d’exister sans pureté originelle.
La performance occupe une place essentielle dans cette exposition. Le corps de l’artiste y devient un espace d’inscription, de respiration et de relation. Le geste n’est jamais spectaculaire ; il est précis, lent, engagé. Il ne cherche pas la réparation, mais l’habitation du réel, tel qu’il est : fragmenté, traversé, vivant.
Cette exposition ne raconte pas le traumatisme.
Elle le déplace.
Elle invite le visiteur à une expérience où l’art n’est pas seulement objet de contemplation, mais acte de présence. Une présence attentive, fragile, profondément humaine. À travers cette monographie, Habdaphai affirme que créer aujourd’hui, dans le contexte caribéen et mondial, consiste moins à refermer les plaies qu’à inventer des formes de vie, de relation et de sens au-delà du non-retour.
Crédits
Vernissage mardi 21 juillet à 18h00
Chapelle de Corbelin
Route de Menou 58210 La Chapelle-Saint-André
Permanence et présence de l’artiste tous les jours de 15h à 19h

